Hier, dimanche, j’ai fait la route vers Antony, je me suis garée, j’ai vu passer quelques amis qui se rendaient à l’église. J’ai commencé à pleurer. Inconsolable, je suis restée dans ma voiture jusqu’au moment où les mêmes, cette fois quittant l’église, sont repassés à côté de ma voiture. L’un d’eux s’est approché, est allé chercher du secours. Deux amies sont restées en silence avec moi jusqu’à ce que je retrouve suffisamment mon calme pour rentrer. Cet épisode m’a amenée à différencier la solitude et l’isolement. L’être humain est fondamentalement seul puisqu’il est unique. C’est le propre de l’individu. Personne n’est comme lui, ne vit la même vie, ne ressent ce qu’il ressent. Aucun autre être humain ne peut prétendre le comprendre totalement. Un autre être humain, lui aussi, est seul. La solitude ne devrait donc pas être un problème puisque c’est une constante chez chaque être humain. Acceptons-le comme tel. Depuis quelques mois, je souffre très fort de l’isolement. J’ai l’impression de mener une double vie. Mes proches ne veulent rien savoir de mon espérance. Ma famille de la foi n’imagine pas ce qui se passe dans mon foyer. Hier, dans ma douleur, je n’ai pas réussi à entrer à l’église, je me suis isolée. Mais mes amis ont brisé mon isolement. Ils se sont approchés. Ils ne peuvent atteindre ma solitude et je ne connais pas la leur. Mais ils ont approché leur solitude de la mienne pour rompre mon isolement. Il faut beaucoup de courage pour faire ça. Il faut accepter d’être impuissant face à la douleur de l’autre. La solitude est normale. L’isolement ne l’est pas. Mon isolement est de mon fait. J’ai le choix. Je choisis aujourd’hui de ne pas m’enfermer dans l’isolement. Où êtes-vous, solitudes chéries ?